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Le 7 mai, les citoyens britanniques, en renouvelant le parlement de Westminster, n’ont pas seulement fait preuve d’une grande maturité démocratique et offert à leur pays une majorité claire et stable pour les prochaines années. Ils ont ouvert une période cruciale de leur propre histoire et de l’histoire de l’Union Européenne. 

Immédiatement sa victoire proclamée, David CAMERON a annoncé qu’il respecterait sa promesse et qu’il organiserait un référendum sur l’avenir du Royaume-Uni dans l’Union avant la fin de l’année 2017. 

La solennité de ce moment engage le Premier Ministre et nous devons collectivement, nous Européens convaincus, nous préparer à cette échéance. 

Le Royaume-Uni, comme tous les pays européens, est un pays souverain. Mais il n’est pas n’importe quel pays européen. C’est un très grand pays, un très grand peuple qui ne se laissera dicter son avenir par personne.  

Mais est-ce encore une question britannique ? 

Nous pensons sincèrement que la question d’un éventuel " BREXIT " n’est plus une question de politique interne britannique. Cette question  est devenue depuis le 7 mai dernier une question qui nous concerne tous, une question qui doit engager les européens de tous les pays, au premier rang desquels la France. 

Depuis la fin du XIXème siècle, et ce fut une rupture, le Royaume-Uni et la France ont choisi un chemin historique commun. Ce chemin a connu son point de rencontre le plus symbolique lorsqu’ensemble, le 7 mai 1945, nos pays recueillaient la capitulation allemande. Nous ne voulons pas imaginer qu’un autre 7 mai, 70 ans plus tard, soit le point de départ d’un éloignement. 

Ni le Royaume-Uni, ni la France n’auraient à y gagner car ces 2 pays sont des partenaires essentiels, et parfois même les seuls partenaires crédibles de la scène européenne notamment comme en matière de défense. 

Depuis plus de 50 ans, le Royaume-Uni a fait le choix de l’Europe. Même les tensions et les clauses d’exception sont le signe qu’il est un pays singulier, il a prouvé qu’il était capable de rompre avec la politique exclusive du " Grande Large ". Fondamentalement, l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union Européenne est un choix économique, un choix pour ne pas décrocher. Et la vérité impose de dire que ce choix a été bénéfique et qu’aujourd’hui, le Royaume-Uni ne peut plus se passer de l’Europe. Mais ne nous y trompons pas et avouons que nous partageons certaines critiques formulées par les britanniques sur le fonctionnement de l’Union Européenne. 

Considérer que les questions soulevées – sur les politiques migratoires, sur les normes, sur la gestion technocratique et éloignée de l’Union, seraient des questions purement britanniques, c’est aller droit à la catastrophe. 

Si nous voulons vraiment éviter ce départ, nous devons être lucides, collectivement en Europe, mais aussi dans notre relation franco-britannique. 

Il faudra dire précisément ce sur quoi nous ne voulons pas bouger car il en va du respect du pacte et du contrat européen qui nous lie depuis 1957. Il faudra aussi dire précisément ce sur quoi nous devons, avec le Royaume-Uni, avancer pour une Europe plus proche, plus démocratique et plus efficace. 

Si nous ne sommes pas capables de faire ce travail sur nous-même, nous vivrons un grand moment de désenchantement européen. La sortie du Royaume-Uni de l’Union serait un séisme mondial qui affaiblirait l’Europe toute entière.